La Martinique pleine d’Art et de Culture

Du fait son histoire, la Martinique est culturellement très riche. Au fil des années, elle a été influencée par diverses origines et métissages culturels. Son architecture, ses monuments historiques et ses musées témoignent de son passé plein de rebondissements.

Quelle que soit la période durant laquelle vous partirez, vous vivrez une belle expérience en célébrant les fêtes traditionnelles.

Carnaval martinique

À cette occasion, découvrez la chaleur, la joie de vivre et l’hospitalité des Martiniquais.e.s ! Les évènements annuels les plus emblématiques sont Noël avec les fameux “chanté Noël”, Pâques et son traditionnel ” Matoutou de crabe “, le carnaval et la fête populaire de ses jours gras si colorés, ou encore les rassemblements chaleureux lors de la compétition des yoles-rondes.

En Martinique, il y a toujours une bonne raison de rire, de chanter et de savourer un met délicieux accompagné d’un ti-punch.

Des Racines Africaines Omniprésentes

 La culture martiniquaise est née d’influences africaines, françaises et indiennes. La culture africaine est l’origine première de la culture créole et cela se ressent au quotidien en Martinique. Bien que de nationalité française, les racines de la culture martiniquaise viennent directement d’Afrique. Le concept de négritude crée par le célèbre poète martiniquais Aimé Césaire et dont l'écrivaine Paulette Nardal est précurseure explique ce lien entre la Martinique et ses racines africaines.

La Martinique a hérité de l’expertise africaine du travail de fer et de sculpture sur bois. On retrouve dans l’île ce savoir-faire africain dans les meubles coloniaux sculptés en bois.

Ces compétences sont également visibles par les élégants bijoux que portent les femmes martiniquaises. Ces bijoux en or de 18 carats sont évocateurs de la culture d’Afrique de l’Ouest.

Aussi, on remarque l’influence africaine durant le carnaval en Martinique. D’ailleurs, lors d’un de ces voyages au sud du Sénégal, Aimé Césaire fut surpris de voir des masques rouges avec des cornes et des miroirs similaires à ceux que l’on peut voir à Mardi Gras. Cette figure emblématique, dont les cornes symbolisent la force et les miroirs la sagesse, est un héritage de la tradition des masques Africains.

Notons également que les danses Biguine, la valse créole et la Mazurka trouvent leur origine dans les rythmes africains et européens.

Le créole, seconde langue de la Martinique, fut créé par les Africains durant la période esclavagiste. Le créole résulte d’un mélange entre le français et différent dialectes africains. Aujourd’hui encore, les Martiniquais.e.s n’hésitent pas à passer du français, langue officielle, au créole.

Les Héritages architecturaux

Vue en contre plongée de Fort-de-France

En parcourant l’île, vous observerez plusieurs types d’architectures. En effet, les martiniquais ont su mettre à profit les différents héritages laissés en Martinique.

Les cases

La savane des esclaves

On trouvera essentiellement dans le sud des cases construites avec des matériaux entièrement écologiques. Celles-ci sont réalisées avec des branchages tressés et parfois du torchis, le tout surmonté d’un toit végétal. L’espace cuisine est installé en dehors du reste de la case. Cette dernière trouve ses origines dans les huttes construites par les Arawak à l’époque amérindienne.

Visitez la Savane des Esclaves aux Trois-Ilets.

L'architecture métallique

Bibliothèque Schoelcher en Martinique

Suite à la révolution industrielle et après son succès en Europe, l’architecture métallique fut exportée aux Antilles. Très pratique, cette technique permet de résister au climat tropical et aux tremblements de terre.

Cette architecture fut notamment utilisée pour construire la cathédrale et la bibliothèque Schœlcher après le terrible incendie de 1890 à Fort-de-France.

Les Héritages littéraires

Le patrimoine littéraire de la Martinique est très riche. De nombreux.se.s écrivain.e.s ont laissé des œuvres de qualité retraçant la vie sur l’île et surtout témoignent des récits d’esclavage.

Joseph Zobel, Paulette et Jeanne Nardal, Aimé Césaire, Frantz Fanon sont autant de grand.e.s auteur.e.s qui ont marqués la littérature martiniquaise.

Aimé Césaire

Aimé Césaire est né en 1915 dans la commune de Basse Pointe, au Nord de la Martinique. Brillant élève, il part étudier dans un grand lycée parisien où il rencontre Léopold Sédar Senghor. Avec d’autres étudiants antillo-guyanais et africains (le Guyanais Léon Gontran Damas et les Sénégalais Léopold Sédar Senghor et Birago Diop), il fonde le journal L’Étudiant noir. C’est dans cette revue qu’apparait le terme de « négritude ».

Ce concept, construit contre le projet colonial français, vise à rejeter le projet français d’assimilation culturelle et la dévalorisation de l’Afrique et de sa culture. Étudiant à l’École Normale Supérieure de Paris en 1935, Césaire commence en 1936 la rédaction du Cahier d’un Retour au Pays Natal.

Agrégé de Lettres, en 1939, Aimé Césaire retourne en Martinique pour enseigner au lycée Schœlcher. En 1945, il est élu maire de Fort-de-France et l’année suivante devient député de la Martinique à l’Assemblée Nationale. Député et maire pendant près d’un demi-siècle, en 1946, il est rapporteur de la loi faisant des colonies de Martinique, Guadeloupe, Guyane et Réunion des départements français.

Quittant le Parti Communiste Français au lendemain des événements de Budapest, il crée en mars 1958, le Parti Progressiste Martiniquais (PPM) dont l’une des aspirations est l’autonomie de la Martinique. Parallèlement à cette activité politique, Aimé Césaire continue son œuvre littéraire et publie des recueils de poésie. Il s’oriente aussi vers le théâtre avec notamment une pièce à fort succès dans les capitales européennes : La Tragédie du Roi Christophe, en 1963. Décédé le 17 avril 2008, Aimé Césaire a laissé une quatorzaine d’œuvres, recueils de poèmes, pièces de théâtre et essais.

Frantz Fanon

Né en 1925 à Fort-de-France, Frantz Fanon est un médecin psychiatre, écrivain et combattant de l’anti-colonialisme. Il analyse les conséquences de la colonisation sur le colonisé et le processus de décolonisation sous l’angle sociologique, philosophique et psychiatrique.

En 1956, il remet sa démission à l’hôpital dans lequel il travaillait pour rejoindre le Front de Libération Nationale (FLN) en Algérie. Membre de la rédaction de l’organe central du FLN, il a d’importantes responsabilités et devient ensuite ambassadeur du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA) au Ghana. Jusqu’à sa mort (décembre 1961), Frantz Fanon s’est donné à la cause des peuples opprimés.

Joseph Zobel

Né en 1915, Joseph Zobel est un auteur important dans la littérature antillaise auquel on doit notamment le roman La Rue cases-nègres qu'il publie en 1950 et qui connait un grand succès et reçoit le Prix des lecteurs décerné par La Gazette des lecteurs.

Ce roman sera d’ailleurs adapté au cinéma trente ans plus tard par la réalisatrice Martiniquaise, Euzhan Palcy, qui obtient, avec ce film, le Lion d’Argent de Venise en 1982. En 1957, il part au Sénégal où il sera directeur d’un collège, surveillant général et producteur d’émissions éducatives et culturelles à la Radio du Sénégal, écoutée dans toute l’Afrique Occidentale. En 1974, il retourne en France, pour sa retraite, et écrit plusieurs romans et recueils de poèmes. Il meurt dans le Gard (en France), le 17 juin 2006.

Paulette Nardal

Paulette Nardal (1896-1985) était une écrivaine et journaliste martiniquaise ayant participé à la théorisation du concept de Négritude. Née dans la classe moyenne supérieure en Martinique, Nardal est devenue enseignante et est allée compléter sa formation à Paris.      

Première personne noire à étudier à la Sorbonne, elle a créé avec ses sœurs un influent salon littéraire (auquel a notamment participé Aimé Césaire), qui a exploré les expériences de la diaspora africaine. En tant que journaliste et auteure, elle a publié des ouvrages qui prônent une conscience panafricaine (comme La Revue du Monde Noir) et reconnaissent les similitudes des défis liés au racisme et au sexisme. Elle a notamment été engagée comme spécialiste de zone Caraïbes aux Nations Unies, ce qui en a fait la première femme noire à occuper un poste officiel dans la Division des territoires non autonomes aux Nations Unies.          

De retour en Martinique après cela, elle s'est employée à préserver les traditions musicales du pays. Elle a écrit une histoire des styles de musique traditionnelle pour la célébration du centenaire de l'abolition de l'esclavage sur l'île, et a créé une chorale qui célèbre les racines africaines de la musique martiniquaise.

Une nouvelle génération d’écrivains

À la suite de ces grand.e.s auteur.e.s, une seconde génération d’écrivain.e.s va suivre leurs traces avec talent. Ces figures emblématiques sont Édouard Glissant, philosophe de l’« Antillanité » et le trio des créolistes formés par Raphaël Confiant, Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau. Leurs romans de belle qualité invitent le lecteur à découvrir la vie contemporaine ou ancienne à la Martinique au fil d’une écriture imagée, poétique et riche en métaphores.

Par exemple, l’œuvre « Texaco » de Patrick Chamoiseau, retraçant l’histoire de trois générations de Martiniquais de l’esclavage à nos jours, a été récompensée par le prix Goncourt en 1992. Dans les années 1980, naît le mouvement littéraire de la créolité initié par Raphaël Confiant, Jean Bernabé et Patrick Chamoiseau. Ce trio publie en 1989, L’éloge de la Créolité en réponse au concept de négritude leur paraissant inadéquate pour exprimer la réalité antillaise.